Taïwan, un eldorado pour les entreprises de pointes

Dans le cadre du groupe d’études à vocation internationale sur les questions liées à l’expansion de l’économie taïwanaise (GEVI Taïwan), je me rends cette semaine, avec trois de mes collègues députés, à Taïwan. Notre délégation pourra alors échanger avec les pouvoirs publics et rencontrer des entreprises françaises et taïwanaises.

Taïwan a, aujourd’hui, un statut très particulier au regard du droit international. Officiellement, l’île n’est reconnue que par une vingtaine d’Etats parmi lesquels le Vatican et une poignée de petits pays de l’Amérique latine et du Pacifique. Son isolement s’est encore accentué ces dernières années après la rupture des relations diplomatiques avec le Panama et Sao Tomé-et-Principe.

L’isolement de Taïwan vient principalement de son histoire. Il y a 12 000 ans, cette île a été colonisée par les premiers autochtones. Elle n’a jamais cessé depuis d’attirer les voyageurs. « L’Ilha Formosa » devient rapidement une place de choix pour les marchands et dès la fin du XVIIe siècle, après que les Hollandais en furent chassés, le développement économique de Taïwan explose. Suite à cela, c’est près d’1 million de Chinois qui vinrent s’y installer. A la fin du XIXe siècle, la Chine a étendu son contrôle sur le territoire. De vives tensions politiques ont d’ailleurs éclatées au cours du XXe siècle, notamment avec l’accession au pouvoir de Tchang Kaï-check, farouchement opposé au pouvoir communiste. Depuis, la Chine revendique Taïwan comme faisant partie de son territoire, bien que depuis 1996 des élections libres y sont organisées.

Schéma Wikipédia de la situation géographique de Taïwan

Pourtant, cet isolement n’a pas empêché l’économie taïwanaise de croitre, bien au contraire. Avec la Corée du Sud, Hong-Kong et Singapour, Taïwan compte parmi les quatre « dragons asiatiques » qui se sont très rapidement industrialisés dans la seconde moitié du XXe siècle. Ce pays est une plateforme manufacturière avec des exportations qui représentent environ 314 milliards de dollars. 36% de ces exportations proviennent du secteur de l’électronique et des nouvelles technologies, domaine dans lequel Taïwan excelle.

C’est pourquoi des entreprises françaises se sont installées là-bas. Malgré sa croissance, Taïwan s’enrichit encore du savoir-faire que des pays comme la France peuvent lui apporter. Dans le cadre de notre voyage d’études, nous rencontrerons à Taichung deux sites où des entreprises nationales se sont implantées. Le premier est un centre de démonstration en machinerie intelligente que Dassault Systèmes a en partie développé. En partenariat avec l’ITRI, Dassault va promouvoir des logiciels industriels et de simulations technologiques. Le deuxième est un bâtiment de recherche lancé par l’institut de recherche contre le cancer de l’appareil digestif (IRCAD) de Strasbourg. En coopération avec le Show Chwan Hospital de Taïwan, les chirurgiens français viendront enseigner aux médecins locaux l’ensemble des techniques novatrices développées en France.

Les enjeux de développement et de transition énergétique sont donc très importants pour ce pays, comme le montrent les ambitions affichées par la Taïwan Power Company, l’entreprise nationale d’électricité. C’est pourquoi je suis particulièrement enthousiaste à l’idée de faire ce déplacement. Ce sera pour moi l’occasion de rencontrer des entreprises locales spécialisées dans les domaines sur lesquels j’ai axé mon mandat afin d’enrichir par la suite mon travail à l’Assemblée nationale.

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