Synthèses des tables-rondes – Réunion publique 21 juin

Anne-France Brunet lors du discours de clôture des débats publics du 21 juin.

Je suis très heureuse d’avoir pu vous accueillir nombreuses et nombreux lors du débat public que j’aiorganisé à Cordemais ce jeudi 21 juin.

Il est très important pour moi que le travail et la détermination des forces vives puissent être mis en avant et participent à la construction des politiques publiques. A partir des compte-rendus des différents débats publics, la CNDP rédigera un rapport qui servira de base à l’élaboration de la future Loi de Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Elle devrait arriver à la fin de l’année 2018.

Les experts étaient nombreux et leurs interventions d’une très grande qualité. Je les remercie et les assure de ma volonté -renforcée après nos échanges- à travailler, à leurs côtés, sur des énergies nouvelles moins carbonées.

Nous avons vu que les technologies étaient matures et que les entreprises déjà en place étaient déterminées à se développer. Elles ont néanmoins besoin d’une dynamique nouvelle pour mieux travailler ensemble à l’organisation et au développement des filières. J’espère pouvoir appuyer le développement et l’attractivité de notre territoire en travaillant sur les aspects législatifs ou règlementaires ainsi qu’en faisant la promotion des projets de production d’énergies vertes. Retrouvez dans la suite de cet article les synthèses des trois tables-rondes.

L’innovation liée à la production d’énergie est l’un des fils rouges de mon mandat, je souhaite pouvoir renouveler ce type d’évènement en 2019.

Les modalités restent à définir mais il me paraît essentiel de pouvoir réaliser des points d’étapes, quelques mois après le vote de la PPE et en pleine transition de notre centrale de Cordemais. D’ici là, de nouveaux projets innovants auront vu le jour et la biomasse jouera un rôle encore plus important dans notre production d’énergie.

Je vois dans l’écosystème biomasse un formidable moyen de dynamiser notre territoire et de créer de l’emploi tout en respectant davantage l’environnement et donc les générations futures.

A très bientôt je l’espère,

Anne-France Brunet

Avenir de la combustion de biomasse

https://www.linkedin.com/pulse/quel-avenir-pour-la-combustion-de-biomasse-anne-france-brunet-1e/?published=t

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Intervenants : Anne-Claire Beucher (Federec), Mathieu Havard (BEMA), Hervé Chauvin (Opta Energy, LMK Energy), Pascal Freneau (Port Nantes/Saint-Nazaire), Lionel Olivier (Centrale de Cordemais).

Gisements, ressources mobilisables

  • Le bois-énergie est une opportunité car 50% de la croissance naturelle de la forêt n’est pas valorisée => Lever les freins sur l’entretien des forêts en considérant autant les propriétaires forestiers que le cycle de vie des arbres.
  • A chaque gisement correspond une valorisation spécifique et l’activation de filières et donc d’acteurs différents
  • Déchets connexes de scieries : Le développement du bois-construction permet de créer des connexes de scieries qui deviennent valorisables en bois-énergie (c’est donc un levier). En Pays de la Loire 450k tonnes valorisées à 38% en matière et seulement 30% en bois-énergie. Le Plan Régional Biomasse indique que 25k tonnes sont éliminées au lieu d’être valorisées.
  • Bois Déchets (A et B) : 40 à 50% de ce gisement est exporté car sa valorisation nécessite des investissements lourds et compliqués. Il est principalement recyclé.
  • Bois Forêt : Utilisé directement pour le chauffage chez les particuliers
  • Combustibles Solides de Récupération : Utilisés principalement en recyclage actuellement

L’enjeu principal aujourd’hui est de structurer l’approvisionnement des différents gisements aux filières adaptées.

Technologies

  • Combustion valorisable en chaleur, gazéification, électricité.
  • Traitement de la biomasse indispensable avant sa combustion pour lui conférer des propriétés calorifiques proches du charbon et augmenter le rendement (densification).
  • A chaque type de gisement correspond une technologie de valorisation spécifique, cela engendre une multitude de possibilités pour une même quantité de biomasse.
  • Le développement du fonds chaleur est une nécessité car forte demande de projets chaleur face à la hausse des prix des énergies fossiles. L’engagement du Gouvernement à le doubler progressivement est salué mais la demande est faite d’aller plus vite et de continuer encore à l’augmenter par la suite.

A propos de la centrale de Cordemais

Stratégie d’EDF

  • Fonctionnement de 500h à pleine puissance ou 1000 heures à mi-charge contre 4500 heures actuellement.
  • Objectif de conserver une puissance de 1200 MW pour répondre aux pics de demande en hiver
  • La densification serait effectuée sur place
  • Modèle de fonctionnement à 80% de biomasse (Bois A, Bois B, déchets ligneux) avec conservation de 20% de charbon jusqu’à l’atteinte des jalons techniques. Lors des test fin Mai 2018, seuil de 80% progressivement atteint, les installations ont bien fonctionné.
  • Approvisionnement à 150km autour de la centrale sans perturber les filières existantes, d’autres projets et en empêchant les conflits d’usages.
  • Etude d’Inddigo pour EDF : 270k tonnes de déchets ligneux avant densification ou 190k tonnes de Bois B nécessaire au fonctionnement 80% sur 500 heures. A priori, 70% bois A ou B, 10% de déchets ligneux et 20% de connexes. Sur 5 régions étudiées 600k tonnes enfouies et 800k tonnes exportées.
  • Le projet actuel est d’adapter la centrale, non pas de construire un nouvel équipement, ce qui est un atout pour répondre aux besoins énergétiques.
  • La direction n’est pas en mesure de donner des éléments chiffrés sur les emplois qui pourraient être maintenus avec ce projet 80-20 sur 500 heures. Il y a une nécessaire adaptation des emplois et de nouvelles filières à créer

Implication des salariés

  • Sollicités dans la transition de la centrale et impliqués depuis le début pour sa réussite.
  • Pour l’avenir, volonté d’utiliser des technologies de captage de CO2 dans les fumées par des micro-algues pour produire du biogaz ou via la méthanisation.

Rendement énergétique

  • Les résidus et cendres peuvent être valorisés en déchets agricoles et en enrichissement des sols, cela représente une part non négligeable de la quantité de matière initialement utilisée dans le processus de combustion.
  • Fort questionnement sur le rendement des centrales car la combustion pour produire de l’électricité ne permet pas à elle seule de produire assez d’énergie (1/3 d’énergie perdue dans les fumées et 1/3 en chaleur fatale environ).
  • Il faut donc associer à la combustion d’autres technologies pour utiliser les fumées mais aussi la chaleur perdue lors du transport et du stockage de cette énergie. Cette technologie existe sur de petites unités à l’heure actuelle, c’est la co-génération, elle doit être développée.
  • La valorisation sous forme de chaleur est performante dans un réseau urbain mais l’est beaucoup moins lorsqu’il faut la transporter sur de grandes distances comme ce serait le cas à Cordemais, et ce n’est pas le modèle privilégié.

Temporalité

  • Transport maritime : 2/3 du trafic du port de Nantes/Saint-Nazaire est lié à l’approvisionnement énergétique, il effectue également sa transition. Il est estimé qu’1 million de tonnes dans le trafic équivaut à 1000 emplois créés. Avec son trafic de 25 à 30 millions de tonnes, le port génère sur le grand-ouest environ 5000 emplois (INSEE 2015). Une nouvelle modélisation des flux dans le port est nécessaire (quais, circuits logistiques, éoliennes en mer, raffinerie de Donges et centrale de Cordemais). Il faudrait plus de temps pour réaliser tout cela.
  • EDF, la direction de la centrale et les salariés sont d’accords pour dire que 2022 à 0% charbon n’est pas atteignable actuellement. Il faut garder des objectifs forts mais il faudra plus de temps pour mettre en place la technologie combustion 0 charbon. La Direction estime que le projet actuel est le plus réaliste pour l’horizon 2022.
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Production et utilisations de gaz issu de biomasse

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Intervenants : Amaury Mazon (GRT Gaz), Florence Lievyn (Coénove), Marc Le Mercier (LIGER), Jean-François Commaille (SCE, Meth’Atlantique)

Technologie et débouchés

  • Méthane utilisable tel quel = biogaz.
  • Epuré, il devient du biométhane et s’utilise comme carburant de véhicule. C’est ainsi que LIGER a créé son carburant « Kargreen ». 
  • Le biogaz peut être injecté dans le réseau de gaz naturel, ou, grâce à la cogénération, produire de l’électricité.

Des opportunités économiques

  • Le potentiel technique est de 460 TWh (source Coenove).
  • Ce gisement déboucherait, à terme, sur un doublement des revenus des exploitations agricoles, sur la création de 3 à 5 emplois par site et de 100 000 au niveau national.

Développement des projets

  • Les acteurs de la filière ont fait part de fortes attentes.
  • Le nombre de projets ne cesse d’augmenter mais le niveau de subvention stagne, débouchant ainsi sur de nombreuses inquiétudes et un manque de visibilité sur l’avenir.
  • Les subventions pour la méthanisation sont à hauteur de 40 millions d’euros par an, les professionnels de la méthanisation souhaitent pouvoir bénéficier, dès maintenant, d’une forte hausse des subventions. Une impulsion forte est très attendue pour donner vie aux multiples projets en attente.
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Le financement au service des projets biomasse

https://www.linkedin.com/pulse/le-financement-des-projets-biomasse-anne-france-brunet/?published=t

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Intervenants : Yann Guézel (Banque Populaire), François Faure (Staff Courtage), Yann Trichard (CCI Nantes St-Nazaire), Bertrand Marchais (Audencia Business School), François Orhan (SYDELA).

Pour les porteurs de projets 

  • Les projets de méthanisation de 20 à 30 millions d’euros sont le cœur du sujet du financement.
  • Celui-ci passe par le biais d’un crédit et d’un audit approfondi pour assurer la viabilité du projet.
  • Les matières premières utilisées pour la biomasse sont issues du vivant et impliquent donc de prendre en compte des aléas de production. Les comptes de réserve de dettes sont la solution pour anticiper ces arrêts grâce au dépôt préalable d’une demie annuité du crédit jouant le rôle de tampon.

Solutions de financements

  • Les nombreux projets financés montrent une maturité du secteur bancaire permettant un envol du secteur. La Banque Populaire a traité 60 projets de méthanisation dans la région Grand Ouest depuis les six dernières années.
  • Le SYDELA (Syndicat de l’Energie de Loire-Atlantique) propose également des solutions de financement spécifiques. Le but de ce syndicat est d’être une alternative aux banques dans les solutions de financement. Pour cela, le syndicat a constitué une SEM (Société d’Economie Mixte) s’engageant dans l’apport de fonds propres. De même, le SYDELA distribue des subventions aux acteurs porteurs d’un projet.

Les assurances comme acteur essentiel

Les assurances jouent un rôle central pour couvrir les nombreux risques relatifs aux projets liés à l’écosystème biomasse. Les assurances prennent en compte la gestion les risques d’exploitation, les risques sur l’ensemble de la filière et le contexte territorial. Cependant, François Faure de Staff Courtage attire notre attention sur la nécessité d’intégrité les assurances au plus tôt dans la structuration financière des projets et non pas d’attendre que le projet soit bouclé pour chercher la solution d’assurance.

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