Nantes: «Sans les renforts promis, on va craquer», 200 policiers manifestent devant le commissariat

Un rassemblement a réuni environ 200 policiers mercredi après-midi devant le commissariat central de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • A l’appel du syndicat Unité SGP Police, environ 200 policiers se sont rassemblés mercredi après-midi devant le commissariat Waldeck-Rousseau.
  • Les policiers nantais demandent 98 agents supplémentaires alors qu’aucun n’est pour le moment annoncé pour Nantes, malgré les engagements du Premier ministre

« Policiers en colère ! », « Y’en a marre »… Chaude ambiance, ce mercredi après-midi, devant le commissariat central de Nantes. Quelque 200 policiers, munis de drapeaux et de fumigènes, étaient cette fois du côté des manifestants. Un rassemblement plutôt rare à l’initiative du syndicat Unité SGP Police (dans un contexte d’élections professionnelles) afin d’exprimer « un ras-le-bol » et « de nombreuses inquiétudes ». Avec en haut de la liste, la crainte que les renforts pour Nantes promis par Edouard Philippe pour 2019 n’arrivent jamais.

Après les émeutes du mois de juillet, le Premier ministre s’était en effet engagé, devant la maire (PS) Johanna Rolland, à affecter des agents supplémentaires aux 850 que compte déjà la Cité des ducs. Des renforts qui ne figurent pas, pour le moment, sur le tableau d’effectifs de la police nationale pour 2019 que les syndicats se sont procurés. De son côté, la préfecture explique à 20 Minutes que tous les arbitrages n’ont pas encore été faits, alors que Nantes doit mettre en place, dès le mois de janvier, la police de sécurité du quotidien dans trois quartiers sensibles.

Après les émeutes du mois de juillet, le Premier ministre s’était en effet engagé, devant la maire (PS) Johanna Rolland, à affecter des agents supplémentaires aux 850 que compte déjà la Cité des ducs. Des renforts qui ne figurent pas, pour le moment, sur le tableau d’effectifs de la police nationale pour 2019 que les syndicats se sont procurés. De son côté, la préfecture explique à 20 Minutes que tous les arbitrages n’ont pas encore été faits, alors que Nantes doit mettre en place, dès le mois de janvier, la police de sécurité du quotidien dans trois quartiers sensibles.

« Les effectifs sont fatigués d’attendre un signal fort »

L’inquiétude est cependant vive et partagée par le syndicat Alliance, qui a envoyé cette semaine un courrier au Premier ministre. « Les effectifs du commissariat de Nantes sont fatigués d’attendre un signal fort », souligne Arnaud Bernard, le représentant départemental. « Les syndicats ont calculé qu’il faudrait 98 fonctionnaires de plus afin que le commissariat fonctionne normalement, indique Philippe Boussion, secrétaire régional Unité SGP Police. Sans effectifs supplémentaires, nous nous opposerons à la police de sécurité du quotidien. »

« Sans effectifs supplémentaires, on va craquer, reprend David, gardien de la paix depuis 2008 à Nantes. On aime notre boulot mais on se sent mal, entre la défiance de la population et le mépris de notre hiérarchie. » Car derrière cette demande chiffrée, les policiers nantais se disent pour certains « à bout ». Parmi leurs autres revendications, un changement de rythme de travail, déjà mis en place dans certains commissariats en France « qui permettrait de ne travailler qu’un week-end sur deux. » « On ne voit plus notre famille, et au travail la situation se dégrade, témoigne un autre policier. Quand je suis arrivé ici il y a dix ans, on était 25 la nuit. Aujourd’hui, on est 17 ou 18. Résultat : on ne va plus sur certaines missions, faute de moyens. »

L’interpellation des élus

Si les syndicats décrivent « un climat de plus en plus difficile, une délinquance en hausse avec une montée de l’usage des armes à feu depuis deux ans », la situation inquiète aussi les élus. Johanna Rolland, la maire de Nantes, a d’ailleurs écrit fin octobre au nouveau ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, afin de lui rappeler les engagements d’Edouard Philippe. A ce jour, elle n’a pas eu de réponse.

Anne-France Brunet, député LREM de Loire-Atlantique, a elle aussi décidé d’interpeller ce mercredi Christophe Castaner sur la situation nantaise. « Comment imaginer un seul instant que la police de sécurité du quotidien, pourtant chargée de la “reconquête républicaine”, puisse, dans ces conditions, fonctionner correctement ? », s’inquiète-t-elle. D’ici au 1er janvier, le compte à rebours est lancé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *