L’acceptabilité des projets : une condition sine qua non pour le déploiement des EnR en France

Mercredi 15 mai, j’étais invitée à participer aux 10e Rencontres des énergies renouvelables à la Maison de la Chimie, à Paris. L’occasion pour moi d’intervenir sur cette thématique centrale, notamment à travers la question de son acceptabilité.

L’agence internationale de l’énergie (International Energy Agency) a publié en novembre dernier son rapport annuel sur les perspectives énergétiques mondiales pour 2018. Le constat qui ressort de cette étude est effarant : en 30 ans, le monde n’a fait aucun progrès dans la décarbonation des énergies et la part des énergies fossiles dans notre mix mondial est toujours égale à 80%.

Si l’efficacité énergétique peine autant à émerger, c’est aussi à cause d’une absence de nouvelles règlementations d’envergure. C’est pourquoi en France nous devons impérativement accélérer la cadence, aux côtés de nos partenaires européens, pour faire de cette transition une réalité.

Le projet de décret de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, actuellement en discussion devant les différentes instances consultatives, est un document stratégique pour le développement des EnR. Issu de débats publics organisés dans le cadre de la CNDP, ce texte affiche des ambitions fortes comme la réduction de la consommation finale d’énergie de 14%, ou le déploiement massif d’EnR sur le territoire d’ici 2035.

Le projet de loi relatif à l’énergie et au climat, qui sera prochainement examiné à l’Assemblée nationale, est tout autant déterminant pour notre politique énergétique. Il s’agit d’un complément très important pour la PPE, qui offre une première traduction concrète au niveau de la loi, notamment sur nos engagements pris à l’issue de l’Accord de Paris et du Plan Climat. Le projet de loi « énergie-climat » énonce par ailleurs des objectifs forts de réduction des gaz à effet de serre – avec la neutralité carbone – ainsi que l’arrêt des centrales charbon ou la réduction de la consommation énergétique primaire. C’est donc un texte court sur lequel nous aurons à nous prononcer, mais qui vise à installer une trajectoire durable et responsable pour l’énergie en France.

 Seulement, la mise en place d’objectifs ambitieux ne fait pas tout. Nos efforts doivent aussi porter sur les difficultés concrètes qui sont rencontrées et nous ne pouvons plus nous permettre d’organiser des appels d’offre désastreux comme ceux lancés en 2011 et 2013. Lors d’un récent déplacement au Danemark avec la mission d’information relative aux freins à la transition énergétique, j’ai pu constater qu’un critère, pourtant fondamental, n’avait pas suffisamment été pris en compte dans notre pays : l’acceptabilité.  

En effet, lors de cette visite, nous nous sommes rendus sur la célèbre île de Samsø. Ce minuscule territoire s’est doté en 10 ans à peine des moyens nécessaires pour assurer 100% de son énergie à base de renouvelable. Or, si ce projet a pu être mené jusqu’à son terme, c’est aussi et surtout parce que des instances consultatives entre les habitants ont été instaurées et que chacun a pu être consulté sur les projets d’EnR. Sans cette communion de la population de Samsø, jamais l’objectif fixé par Svend Auken n’aurait pu être atteint.

C’est, je crois, ce qui doit dorénavant guider nos politiques publiques en matière d’énergie renouvelable. Nous sommes aujourd’hui à un tournant où des projets efficaces et de grande envergure ne peuvent voir le jour à cause d’incessants recours administratifs. Je pense, entre autre, à la difficulté rencontrée par le solaire terrestre par rapport au solaire posé, alors même qu’il affiche un rendement et une efficacité beaucoup plus élevés ! Dès lors, une meilleure consultation avec les citoyens, accompagnée d’instances de dialogue, devrait nous permettre, à terme, de mieux déployer les énergies renouvelables en France.

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