La politique énergétique du Danemark : un modèle à suivre pour nos territoires

Dans le cadre de la mission d’information parlementaire sur les freins à la transition énergétique, j’ai pu me rendre au Danemark pendant 3 jours afin d’observer les solutions qui y sont déployées en matière de politique énergétique. Le contexte actuel nous rappelle à quel point notre ambition écologique peut-être difficile à mettre en œuvre, et il est particulièrement important pour moi de me rendre dans un pays qui a su se saisir de ce sujet.

Le Danemark est en effet à l’avant-garde de la transition écologique : 63% de sa production d’électricité est d’origine renouvelable et c’est le premier producteur mondial d’électricité éolienne. D’ici à 2030, le Danemark souhaite porter à 100% la part du renouvelable dans la production électrique ! La transition écologique fait ici consensus : en 2018 l’ensemble des partis au Parlement ont signé un accord énergétique pour renforcer les efforts du pays et parvenir à la neutralité carbone et à une société sans énergie fossile en 2050.

Dans un pays déjà très conscient des enjeux climatiques, l’île de Samsø fait figure de pionnière. En 1997, l’île remporte un appel à projet du Gouvernement pour devenir une île modèle en matière d’énergies renouvelables. Samsø est alors une petite communauté agricole qui repose entièrement sur l’usage du pétrole et du gaz. Aujourd’hui, 100% de son électricité provient des énergies renouvelables et l’île a désormais une empreinte carbone négative grâce aux quantités importantes d’électricité renouvelable qu’elle exporte vers le continent. C’est donc pour m’enrichir de cette expérience que je me suis rendue sur l’île de Samsø aves mes collègues parlementaires.

Samsø nous enseigne que la transition écologique se nourrit de solutions plurielles et complémentaires. Sur le plan technique, l’île dispose d’éoliennes terrestres et marines, mais également de plusieurs réseaux de chaleurs alimentés par géothermie ou combustibles renouvelables.  Quant aux particuliers, ils ont installé des panneaux solaires et rénové leurs logements dans un effort collectif d’efficacité énergétique. C’est en combinant ces technologies que nous pourrons parvenir à réaliser notre transition énergétique.

Mais la transition n’est pas qu’une affaire technique, c’est également un enjeu politique. Si le modèle de Samsø a été aussi efficace, c’est qu’il a su bâtir un lien entre les autorités nationales et les citoyens. Ce sont ainsi les habitants eux-mêmes qui ont financé ces projets ! Organisés en coopératives, ou même simple particulier, ils sont devenus les bénéficiaires directs de ces installations. Et l’Etat a offert un prix minimal de rachat pour l’énergie éolienne afin de convaincre à l’investissement. Cela confirme ma conviction que les pouvoirs publics ont un rôle central à jouer comme moteur de la transition

Samsø est aussi un modèle de démocratie participative. Réunis en association, les locaux réfléchissent ensemble au nouveaux projets à développer, aux problèmes à régler et à la meilleure façon de mobiliser la communauté. Chaque décision se fait donc avec l’accord des habitants et prenant au mieux en compte les remarques de chacun. C’est une preuve de plus que la transition écologique ne pourra se faire qu’avec le concours des citoyens et dans un esprit permanent de dialogue et d’entente.

Après l’électricité et le chauffage, le prochain objectif de l’île est de décarboner ses transports. Pour cela les pouvoirs publics veulent donner l’exemple : les ferries qui relient l’île au continent fonctionnent désormais avec du biogaz produit directement sur l’île. Quant aux véhicules terrestres, la municipalité s’est dotée de véhicules électriques et a installé plusieurs stations de recharge alimentées par des panneaux solaires. Samsø fait ainsi la promotion d’une économie circulaire qui valorise et réemploie les ressources locales que sont le vent marin, les déchets issus de l’agriculture et même la paille ! Avec ce modèle, les agriculteurs locaux ont su trouver un complément de ressources et le coût de l’énergie a été plus rapidement amorti. Pour parvenir à une transition vers des énergies renouvelables il faudra ainsi nous inspirer du modèle et ne pas oublier la dimension sociale de la transition écologique et solidaire.

Bien évidemment l’île de Samsø jouit d’un contexte particulier, mais je crois que ces solutions sont exportables en France, et particulièrement en Loire-Atlantique. Nous disposons de côtes qui offrent un fort potentiel éolien et d’agriculteurs ouverts à la valorisation de leurs déchets. Quant à la centrale de Cordemais, elle est prête à s’orienter vers des combustibles renouvelables. Surtout, je sais l’intérêt des habitants de Loire-Atlantique pour la transition écologique. Il nous appartient désormais de mobiliser l’ensemble des citoyens sur nos territoires pour bâtir des projets d’avenir qui sauront répondre aux enjeux climatiques et sociaux.

2 commentaires sur “La politique énergétique du Danemark : un modèle à suivre pour nos territoires

  1. La part d’énergie renouvelable dans le mix Dannois est en partie lié à son fort potentiel éolien. Est-ce que vous pensez que le modèle Danois peut s’adapter complètement en France étant donné les réticences lié à l’éolien lors de l’annonce de nouveaux projets ? Et si oui, que proposez vous pour avancer face à cela ?

  2. Ping :Fessées qui se perdent – L'Internet qu'on aime bien

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