Interdisons l’utilisation des perturbateurs endocriniens, dès maintenant.

Vous le saviez, qu’en prenant votre douche, vous pouviez devenir infertile ? Les produits cosmétiques que nous utilisons tous les jours sont imprégnés de bisphénols, de phtalates ou de parabènes. Autant de substances nocives pour notre organisme, classées comme “perturbateurs endocriniens”. En déréglant notre système hormonal, ces produits sont impliqués dans une variété de troubles et de pathologies, parmi lesquels l’obésité, la baisse du quotient intellectuel ou les cancers du système reproducteur. L’infertilité, nous en en avons discuté cette semaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. A l’occasion de l’examen du projet de loi de bioéthique, nous abordons des sujets passionnants, comme l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation (AMP) pour toutes les femmes, ou l’autoconservation de gamètes. Avec ce texte, nous pallions l’infertilité. Qu’elle soit sociale ou pathologique, toutes les femmes auront accès, dès demain, aux techniques d’AMP, aujourd’hui exclusivement ouvertes aux couples hétérosexuels. Mais il est un point – pourtant fondamental – que nous ne traitons pas dans ce projet loi : les causes de l’infertilité pathologique. Comment peut-on discuter d’un problème sans chercher à en éradiquer la cause ? C’est une situation que je trouve incohérente. C’est pourquoi il m’a paru indispensable, dans le cadre du projet de loi de bioéthique, de porter des amendements visant à interdire la vente de certains produits contenant des perturbateurs endocriniens, ou à informer les consommateurs de leur présence dans les biens de consommation. Les rapports faisant état du danger que ces substances représentent sont monnaie courante. En 2017, la revue Human Reproduction a publié une étude indiquant que notre exposition aux perturbateurs endocriniens était à l’origine d’une diminution de près de la moitié du nombre total de spermatozoïdes entre 1973 et 2011. L’Agence nationale de santé publique, Santé publique France, en 2018 présentait quant à elle un papier alarmant, confirmant ces données sur l’infertilité croissante. L’exposition aux perturbateurs endocriniens y est fortement mise en cause. Les Français ont une attente forte en termes de transparence sur leur exposition aux produits chimiques. Mais ce besoin se heurte à une information disponible morcelée, parfois technique et peu lisible. C’est donc un devoir de vérité vis-à-vis des citoyens que nous devons mener. Interdisons les perturbateurs endocriniens, dès maintenant ! Anne-France Brunet, députée de Loire-Atlantique

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