Chute d’un bastion PS

Chute d’un bastion PS

La déconvenue est énorme pour les militants PS. C’est leur candidate, même éliminée, qui a dû trouver les mots du réconfort. « On fera ce qu’il faut pour revenir dans cinq ans, je ne suis pas défaitiste sur l’avenir du PS. »

En partant dispersée, la gauche risquait cette perte d’un bastion tenu par Jean-Marc Ayrault de 1986 à 2016. Élue à la partielle d’avril 2016, Karine Daniel se présentait sur cette terre de gauche, dans un contexte chamboulé. « La lame de fond de la présidentielle a joué contre nous », dit-elle, promettant de « reconstruire en étant offensif sur le renouvellement des pratiques avec fidélité à des valeurs de gauche ».

Cette division profite à La France insoumise, qualifiée pour le second tour et qui programme une réunion lundi soir pour que sa candidate s’exprime.

L’énigme de ce scrutin reposait sur la capacité de La République en Marche à drainer un électorat sur une candidature portée par une toute nouvelle figure en politique, assistée d’un suppléant qui, un an plus tôt, était le finaliste malheureux de la droite. « Pour nous, ce n’est pas une surprise », commente Anne-France Brunet. En tête avec moins de 20% des inscrits, « pas de triomphalisme », elle s’attarde sur l’importance de l’abstention qui accrédite « notre démarche qui consiste à tout faire pour remettre le citoyen au cœur de la politique ». Pour elle, « c’est un beau challenge à relever ». Elle repart en campagne dès ce lundi avec une réunion publique jeudi et l’objectif de réussir « un rassemblement le plus large possible autour de nos valeurs ».

Parmi les battus, on trouve quand même des satisfaits, comme la candidate du Front national « surprise mais heureuse de voir que le PS est mort et contente de talonner LR ». Rozenn Hamel pour qui « En Marche c’est l’Arche de Noé » et qui souligne « l’inexpérience manifeste d’un tandem baroque élu à l’Assemblée ». Reste quand même un deuxième tour sans consignes spontanées de vote des éliminés alors qu’un électeur sur deux a boudé ou n’a voté pour personne.

Jean-François Marival, pour Ouest France

Article de presse "Ouest-France" du 12 Juin 2016. Chute d'un bastion PS. Anne-France Brunet 38.65 % (LaREM) à gauche, Martine Gourdon 16.73 % (France Insoumise) à droite.
Article de presse “Ouest-France” du 12 Juin 2016. Chute d’un bastion PS. | Ouest-France

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *