Billet d’humeur sur les véhicules à hydrogène

Je visitais mercredi 10 octobre dernier le Salon de l’Automobile à Paris. L’occasion pour la Commission des affaires économiques d’échanger avec des constructeurs européens et internationaux qui se retrouvent pendant ces quelques jours pour célébrer les véhicules de demain.

L’électrique est désormais passage obligé dans ces salons. Les constructeurs se lancent quasiment tous dans l’hybride, voire dans le tout électrique. Mais quelles réelles améliorations ? La Zoé de Renault n’affiche que 300 km d’autonomie, tandis que la BMW i3 se prévaut, elle, de 350km de liberté de conduite entre chaque recharge. Sans parler du constructeur américain Tesla, qui propose des véhicules dont l’autonomie de 500 km se monnaye à partir de 90 000 euros…

L’Assemblée nationale s’est dotée, comme de nombreuses administrations, de véhicules électriques. C’est en échangeant avec les chauffeurs que je me suis rendu compte des difficultés auxquelles on fait face au quotidien avec l’automobile électrique. Les recharges sont trop fréquentes, l’autonomie déplorable et les infrastructures manquent à l’appel.

A y regarder de plus près, on constate, en plus, qu’il est très difficile de rouler avec de l’électricité décarbonée, sauf avec celle issue du nucléaire…

Dès lors, quelle attitude adopter ? Attendre que l’innovation fasse son chemin en espérant que, dans dix ans, des batteries plus performantes et moins chères soient proposées sur le marché ? Je ne le crois pas. D’autant plus que ces batteries, nous le savons, ne se recyclent pas.

Une alternative m’a donc semblé intéressante : les véhicules à hydrogène.

Certains modèles sont d’ores et déjà présents sur le marché. Principalement développés par des constructeurs asiatiques (Toyota, Honda, Hyundai), on compte près de 6500 ventes de ces voitures chaque année.

Alors, comment ça marche ? Une réaction entre l’hydrogène et l’oxygène se produit dans une pile à combustible, qui vient alimenter le moteur. La voiture, ainsi, ne rejette que de la vapeur d’eau et la recharge se fait en 5 minutes.

Des difficultés subsistent néanmoins pour le développement de ces véhicules. Ces derniers affichent un prix très élevé et nous manquons d’infrastructures et de bornes de recharge. Par ailleurs, la filière d’approvisionnement du gaz naturel n’est pas toujours positive pour l’environnement.

Aussi, nous devons poursuivre dans cette voie. Les véhicules à hydrogène affichent des performances bien supérieures aux véhicules électriques comparables. Air Liquide s’est engagé à développer considérablement le nombre de bornes de recharge et à mettre en place une filière plus « propre » de production gazière avec le programme « Blue Hydrogen ».

Je suis convaincue des bienfaits des véhicules à hydrogène. Miser sur le tout électrique n’est pas la solution, selon moi. L’hydrogène nous permettrait de progresser dans la transition énergétique et de développer le parc automobile « vert » de la France. Je suivrai de très près les innovations à ce sujet dans les prochains mois et j’échangerai avec les acteurs de la filière afin d’envisager les enjeux législatifs à ce sujet.

1 commentaire sur “Billet d’humeur sur les véhicules à hydrogène

  1. C’est bien de se préoccuper de l’hydrogene, mais quand on pense CO2, il faut être cohérent avec les règles du bonus malus.
    Les camping car, producteurs d’énormes quantités de CO2 (largement plus que 250g au Km) n’ont aucun malus, de même qu’une Porsche Panamera
    qui avec seulement 135CV électriques sur 670 total est neutre, ni bonus ni malus!!!
    Et elle coute 180000€.
    C’est vraiment prendre les français pour des C…

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