Billet d’humeur – Le bois recyclé : une aubaine pour la transition énergétique

Depuis le début de mon mandat, mon travail s’est orienté vers le domaine de l’énergie. Une évidence au regard de l’enjeu que représente la conversion de la centrale de Cordemais pour mon territoire.

C’est pourquoi j’essaie de rencontrer un maximum d’acteurs de la filière pour co-construire, avec eux, les contours du modèle énergétique de demain.

Parmi les ressources énergétiques que compte la France, il en est une que nous avons dans des quantités particulièrement importantes : le bois. Cette ressource, nous y recourons déjà depuis longtemps pour chauffer nos maisons, mais nous sommes toujours frileux à l’idée d’utiliser le bois à l’échelle du territoire.

Cette matière est issue de nos forêts, c’est-à-dire du poumon vert de notre pays. Certains voient, dans la valorisation du bois énergie, une déforestation à venir. Cette idée est fausse. Toute proportion gardée, le bois-forêt n’est aujourd’hui pas exploité à sa hauteur. De nombreuses raisons l’expliquent. Par exemple, peu de propriétaires savent qu’un entretien sylvicole nécessitant des coupes est primordial pour l’entretien d’une forêt.

Une alternative aux déchets verts reste possible : le bois recyclé. On parle alors des bois A2 et A3.

Le bois A2 et A3 sont l’ensemble des bois issus du recyclage et qui sont faiblement adjuvantés. On estime ces gisements à près de 4 millions de tonnes par an. Pourtant, aucune filière n’existe vraiment et la plupart des stocks finissent malheureusement par être enterrés ou illégalement brûlés à l’air libre.

C’est pourquoi des projets tels qu’Eco Combust commencent à voir le jour. Il s’agit d’un prototype, actuellement à l’étude chez Edf, de reconversion de la centrale de Cordemais. Ce projet est articulé autour de l’utilisation de pellets, c’est-à-dire de résidus de bois. L’objectif d’Eco Combust étant, à terme, de n’utiliser que du bois A2 et A3.

Source : http://www.biomass-energy.org

Nous devons mettre un terme aux énergies fossiles comme le charbon, alors pourquoi ne pas avoir plus utilisé cette biomasse que nous avons en abondance ? Parce que des projets comme Eco Combust font face à un véritable problème d’approvisionnement. Nous avons donc la responsabilité de mettre sur pied une filière.

Aussi, travailler à une nouvelle classification des établissements ICPE en leur permettant de recourir plus facilement aux combustibles type A2 et A3 nous permettrait d’avancer dans la voie de la transition énergétique. Cela sans perdre de vue les obligations environnementales, notamment dans le filtrage des émanations de gaz.

Pour toutes ces raisons, je suis convaincue du besoin que nous avons de nous repencher vers ce combustible « plus traditionnel ». Les ressources de biomasse dont nous disposons sur le territoire nous en donnent toute la latitude. Pour avancer dans la transition énergétique, il est urgent de constituer une filière pour les bois A2 et A3.

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