Bilan du déplacement à Taïwan

 

 

 

La semaine dernière, je participais au déplacement organisé par le groupe d’études à vocation internationale sur l’expansion de l’économie taïwanaise. Ce fut l’occasion pour moi de rencontrer de nombreuses entreprises et d’échanger avec les pouvoirs publics. Comme je l’écrivais avant mon départ, Taïwan est un pays en pleine croissance. L’île, dont l’industrie technologique se développe, attire de plus en plus de firmes.

Ce qui m’a marqué, pendant ce déplacement, ce sont les quelques similitudes que l’on retrouve entre Taïwan et la France. D’abord, en termes d’organisation de la démocratie. Taïwan connaît une réelle problématique de participation aux élections, comme c’est le cas dans notre pays. Ensuite, au niveau de l’égalité femme-homme. L’élection de Tsai Ing Wen est une avancée considérable, dont nous devrions peut-être nous inspirer. Nous verrons d’ailleurs, lors des élections communales du 24 novembre prochain, la Présidente tenter de maintenir sa majorité, jusqu’alors très en faveur de l’indépendance.

D’autres sujets communs à nos deux pays ont émergé pendant nos rencontres. Alors que l’Assemblée examine en lecture définitive la proposition de loi relative à la lutte contre les fausses informations, je me suis rendue compte de l’impact des « fake news » dans les dernières élections taïwanaises. A l’instar d’Emmanuel Macron ou d’Hillary Clinton qui ont fait face à de violentes cyber-attaques accompagnées de fausses informations, Tsai Ing Wen a subi une salve de ripostes de même nature, probablement de la part de la Chine.

Aussi, la question des énergies a occupé une bonne partie de notre déplacement. Taïwan a annoncé la fin du nucléaire pour les prochaines années à venir. L’île a donc décidé de renforcer considérablement sa capacité en énergie renouvelable. Sauf que Taïwan est un pays composé à 70% de montagnes, de forêts et d’espaces protégés. C’est pourquoi les autorités ont privilégié l’éolienne offshore parmi les EnR.

Cependant, rappelons que Taïwan possède sur son sol la plus grande centrale à charbon du monde, celle de Taïchung, d’une capacité de 5 780 MW. A ce jour, il n’est absolument pas envisagé de mettre à l’arrêt cette centrale.

 

Pour conclure sur ce déplacement, je dirais que Taïwan est un pays en pleine évolution. Je reste attentive à sa transformation. Aujourd’hui, ce pays est pourtant enclavé entre, d’une part, la Chine qui ne cesse de poursuivre son expansion territoriale, et, d’autre part, les Etats-Unis qui maintiennent une pression commerciale importante. L’Union européenne doit impérativement trouver sa place et devenir la « troisième voie » dans l’expansion de l’économie taïwanaise. Je suis convaincue que nous devons renforcer nos échanges avec ce pays afin de parfaire l’entente entre nos deux cultures. J’échangerais dans les semaines qui viennent avec les acteurs de ma circonscription pour envisager des moyens concrets afin de renforcer le dialogue entre les entreprises taïwanaises et celles de la région nantaise.

1 commentaire sur “Bilan du déplacement à Taïwan

  1. Madame la Député,
    Tout d’abord, je souhaiterais vous féliciter, ainsi que les autres membres de la délation parlementaire, pour cette visite à Taïwan. Tout ce qui peut contribuer à briser un tant soit peu l’isolement diplomatique de ce pays et renforcer les liens dans tous les domaines entre cet oasis de démocratie en Extrême-Orient et la France (et l’Europe) va dans le bon sens.
    Cependant, dans votre compte-rendu, vous n’avez pas réellement abordé le principal problème auquel est confronté Taïwan, à savoir la politique agressive menée par la République Populaire de Chine envers ce pays, au nom de la fameuse politique de “Une Chine”. La diplomatie du chéquier ainsi que les pressions de tous ordres font que de moins en moins de pays entretiennent des relations diplomatiques avec Taïwan, malgré l’excellence de la coopération taïwanaise (dont j’ai été le témoin dans au moins trois pays: le Malawi, le Tchad et, tout dernièrement, Sainte-Lucie).
    Je trouve particulièrement intolérable qu’une nation démocratique de près de 24 millions d’habitants n’ait aucune représentation internationale, aucune voix tant à l’ONU que dans les organisations onusiennes spécialisées telles que l’OMS ou l’UNICEF, du fait de l’ostracisme de Pékin. Les interférences lors des élections, que vous mentionnez dans votre compte-rendu, ne sont hélas que l’un des aspects de cette politique hostile.
    Je vous suis reconnaissant d’avoir contribué au développement entre Taïwan et la France.
    Bien sincèrement,
    Hervé Cheuzeville (auteur et ancien travailleur humanitaire)

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